Vie du Pèlerinage

Revue Thérèse de Lisieux

n° 784 - décembre 1998
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Fête de l'Assomption : Présence Russe au Sanctuaire de Lisieux

Cette année, la Fête de l'Assomption à la Basilique de Lisieux revêtait un caractère particulier avec la présence d'une délégation russe, conduite par l'Administrateur Apostolique de la Russie d'Europe, Mgr Thaddeus Kondrusiewicz, archevêque à Moscou.

 

Dans quelques mois, du 1er mars au 1er juillet 1999, à la demande conjointe de Mgr Kondrusiewicz archevêque pour la Russie d'Europe, de Mgr Werth évêque de Sibérie et de Mgr Langa évêque du Kazakhstan, les Reliques de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus feront une périgrination à travers ces immenses contrées.

Cet événement exceptionnel se prépare discrètement depuis longtemps déjà, mais il était nécessaire de prévoir une réunion de travail pour une ultime mise au point. C'est la raison pour laquelle, à cette occasion, Mgr Kondrusiewicz avait été invité, avec ses confrères dans l'épiscopat, à venir à Lisieux présider les fêtes de l'Assomption. Seul l'archevêque de Moscou et son auxiliaire, un jeune évêque de 37 ans, Mgr Klémens Pickel, ont pu répondre à notre invitation avec une petite délégation.

La délégation russe était composée, outre l'archevêque et son auxiliaire, du P. Michael Schields, curé de Magadan représentant Mgr Werth, du P. Bernard Le Léannec, recteur de St Louis des Français à Moscou, du P. Pierre Dumoulin, préfet du Séminaire de St-Petersbourg, de deux religieuses russes de la Congrégation des Servantes de l'Eucharistie et de deux religieux assomptionistes. S'étaient jointes à la délégation deux soeurs de la Communauté des Béatitudes en mission en Russie et une jeune religieuse russe de cette même communauté.

Environ 3000 personnes emplissaient la Basilique, le matin du 15 août, pour l'Eucharistie au cours de laquelle Mgr Kondrusiewicz prononça l'homélie (cf. pp. ). Après 65 ans d'absence de représentants de l'Eglise de Russie réduite au silence, la participation à une Messe présidée par l'archevêque de Moscou entouré de son auxiliaire, des prêtres de la délégation, de Mgr Guy Gaucher, du Recteur de la Basilique et des prêtres présents ce jour-là, contribuait à intensifier chez les fidèles présents la prière et le recueillement.

L'après-midi, sous un soleil de plomb, 2000 pèlerins entouraient la Vierge du Sourire, montée sur un char superbement fleuri, pour la traditionnelle procession qui parcourt la ville, de la Basilique à la cathédrale Saint-Pierre. Présidée par l'archevêque de Russie, entouré de Mgr Klémens Pickel, de Mgr Gaucher, du Père Zambelli, des prêtres et religieux russes et autres prêtres présents, cette démarche des pèlerins

soutenue par la prière de louange et d'intercession était particulièrement recueillie. Si un certain nombre de personnes regardaient le passage de la procession à l'ombre des arbres de l'avenue Sainte-Thérèse, d'autres la rejoignaient et la cathédrale St-Pierre eut peine à contenir tous les pèlerins pour la célébration d'action de grâces au cours de laquelle le P. Le Léannec, curé de Saint Louis des Français à Moscou, fit une intervention sur le mystère de l'Assomption.

Le lendemain, dimanche 16 août, les Carmélites accueillaient la délégation de Russie en leur chapelle, pour la Messe de 9 heures, présidée par l'archevêque de Moscou, entouré entre autres de Mgr Pickel et de Mgr Gaucher. Les Carmélites, dont la vie est vouée à la prière continue, ne manquent pas d'intercéder pour cette vaste Russie dont le peuple, et particulièrement les jeunes, après trois générations d'athéisme aspirent à retrouver des modèles porteurs d'espérance. Ils auront en Thérèse de l'Enfant-Jésus, notre jeune et nouveau Docteur de l'Eglise, qu'ils s'apprêtent à accueillir chez eux à travers ses Reliques, une réponse à leur attente.

L'après-midi, les membres de la délégation se retrouvaient à la Crypte de la Basilique où quelques-uns d'entre eux participaient à une table ronde animée par le P. Pierre Dumoulin, préfet du séminaire de St-Petersbourg. Après la présentation, Mgr Kondrusiewicz fit un exposé de la situation de l'Eglise dans son pays. Selon ce responsable de l'Eglise de Russie, c'est la prière de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, unique patronne de l'Eglise catholique de son pays, qui a eu raison de ce long hiver russe de 1917 à nos jours. Le renouveau dont il est le témoin depuis 1991 dans son diocèse qui recouvre 40 % du territoire de l'Europe, est une grande espérance.

La soirée du dimanche se clôturait, pour la Délégation, par une entrée à l'Infirmerie de Thérèse - moment de grande émotion - et une rencontre très appréciée avec les carmélites.

 

Les Photos sans légende sauf :

Table ronde à la Crypte de la Basilique

De gauche à droite : Père Le Léannec, Frère assomptioniste, Mgr Kondrusiewicz, Père Dumoulin, Mgr Pickel, Père Schields

Homélie prononcée à la Basilique par Mgr Kondruciewicz

 

Ce n'est pas le hasard qui m'a conduit en ce lieu ce matin. Pourquoi m'a-t-il été donné de venir en ce lieu, auprès de toi, ma soeur Thérèse, Protectrice de la Russie et Patronne des Missions ? Sans doute pour courir avec une ardeur renouvelée sur tes traces, comme tant d'hommes et de femmes l'ont fait en Russie aux heures difficiles. Je me retrouve ici exactement soixante-cinq ans après la visite de Mgr Boleslas Sloskans mon vénéré prédécesseur à Minsk, où j'ai commencé mon épiscopat, voici dix ans. Comment ne pas sentir ta main et la main de Dieu dans une telle coïncidence !

Au terme de ce siècle où il nous a été donné, à travers tant d'événements et de terribles bouleversements de voir sur notre humanité le visage du Christ défiguré et profané, nous nous tournons vers toi, soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, pour mieux comprendre le sens de notre marche, la force du Martyre d'Amour auquel tu nous invites.

Alors que les Soviétiques arboraient avec arrogance une étoile comme symbole de leur prétention d'expansion révolutionnaire aux cinq continents, le Pape Pie XI qui mit la Russie sous la Protection spéciale de Sainte Thérèse, la désignait comme "l'étoile de son Pontificat". On sait aujourd'hui ce que signifiait ce choix. A maintes reprises, l'homme de ce siècle a été dans la situation de ce navigateur perdu dans la tempête qui cherche l'étoile polaire. Perdu dans l'océan de ses difficultés de vie, il cherche sans cesse l'étoile qui le conduira à bon port. A bien des égards, tu as été cette étoile pour un grand nombre.

La Russie d'où je viens a connu cette longue nuit de navigation privée d'étoiles. Avant 1917, l'Eglise catholique en Russie comptait 150 paroisses, 2 évêchés (Saint Petersbourg et Saratov), 250 prêtres, une Académie ecclésiastique, deux grands séminaires qui, pendant leurs quarante ans de fonctionnement ont donné à l'Eglise environ 700 prêtres dont 62 évêques et deux cardinaux.

Mais de profondes ténèbres ont recouvert notre pays. Il semblait qu'il n'y avait plus aucune espérance de voir la fin du cauchemar. Au cours de ces soixante-dix ans du long hiver russe, le sourire de notre soeur Thérèse a éclairé bien des visages. A son souvenir dans les coins les plus sombres du Goulag, tomba du ciel une pluie de roses, roses de grâces et de bénédictions.

Soeur Thérèse, tu as été une étoile dans l'immensité de notre ciel qui en était privée, et tu nous indiquais la voie, "la petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle" : la voie de l'abandon, de la confiance, de l'amour. La voie qui fait de toi un Docteur de l'Eglise, un guide de vie spirituelle pour notre temps. Sa clarté a traversé les heures de la propagande athée et de la persécution la plus terrible de l'histoire de la chrétienté. Ses signes lumineux en sont innombrables. On se souvient ici que la pierre de fondation du Russicum porte ton nom. Comment ne pas y voir comme la réalisation du songe de Nabuchodonosor interprété par le prophète Daniel : "Cette pierre devint une grande montagne et remplit toute la terre". L'immense Russie se souvient qu'aux heures sombres de son histoire, le monde s'est tourné vers notre soeur Thérèse pour le salut de ses enfants persécutés et privés de la lumière de la Vérité. La prière composée alors à cette intention nous donne un raccourci saisissant de ce que fut "ce martyre d'amour" du peuple russe.

"Tous ceux qui veulent là-bas maintenir la foi chrétienne sont exposés journellement aux pires supplices ; ils sont systématiquement livrés à la faim, aux maladies les plus pénibles, à de longues tortures dans les neiges et les eaux glacées, à d'interminables peines en des prisons obscures où fidèles, religieux et religieuses, prêtres et évêques, sont enfermés en compagnie des coupables les plus endurcis... Beaucoup ont déjà scellé de leur sang leur fidélité au Christ."

Ce tableau que décrit cette prière, semblait défier toute espérance. Sa supplication a permis à tant de chrétiens de Russie d'être aujourd'hui au nombre de cette foule immense dont parle le livre de l'Apocalypse, "de ceux qui viennent de la grande épreuve, ayant lavé leurs vêtements, ils les ont purifiés dans le sang de l'Agneau" (Ap. 7, 14). La première victime de la répression bolchevique le Prélat Boudkievitch était fusillé durant la nuit de Pâques de 1923 dans les caves de la Loubianka, alors que soeur Thérèse était béatifiée. Notre Eglise entrait alors en agonie pour de longues années. A l'au-delà de l'horreur du Goulag, l'Eglise, au même moment, répondait par cet "au-delà du monde" qui s'appelle la prière du Carmel. C'est à cette prière que nous devons notre renaissance.

En arrivant à Moscou en cette fin de mai 1991, j'avais dans le coeur des "désirs infinis", de paix, de joie, de bonheur et d'amour pour le peuple que le Seigneur me confiait. "On obtient tout de Dieu autant qu'on en espère", disait soeur Thérèse et elle ajoutait : "Si nous espérons beaucoup, nous recevons beaucoup. Si nous espérons tout, nous recevons tout". Nous avons la faiblesse d'être trop modestes dans nos désirs. Lorsque je suis arrivé à Moscou, il y avait dans mon diocèse 6 paroisses, 3 prêtres, deux églises et deux chapelles. Aujourd'hui, la partie européenne de la Russie dont j'ai la charge pastorale, compte 93 paroisses, 115 prêtres dont huit sont citoyens russes, les autres proviennent de 16 pays. Il y a 127 religieuses provenant de 17 pays, dix d'entre elles sont russes. Nous avons le Collège saint Thomas d'Aquin fréquenté par 300 étudiants et qui assure la formation de base des chrétiens. Depuis 1993, nous avons notre propre Grand Séminaire qui compte 60 étudiants et qui nous a donné cette année nos trois premiers diacres. En cette année du Saint Esprit, l'Eglise en Russie est une Eglise en Pentecôte. Comment le dire autrement lorsque l'octave de cette fête qui commence par la fête de Pentecôte catholique et se conclut par la célébration orthodoxe du Saint Esprit a été marquée par trois ordinations diaconales à Saint Petersbourg, trois ordinations sacerdotales à Moscou et deux ordinations épiscopales, l'une à Novossibirsk et l'autre à Marx.

Notre Eglise en Russie est une Eglise de jeunes, et c'est sans doute pour cela que le message de Thérèse lui va droit au coeur. Ils sont nombreux à être animés du désir ardent de voir tous les hommes "éclairés du lumineux flambeau de la foi". Pourquoi ? Parce que, comme le rappelait le Pape Jean-Paul II lors des Journées mondiales de la Jeunesse à Paris, elle "a connu la souffrance dans son corps et l'épreuve de la foi", parce qu'elle comprenait aussi "que l'amour est reçu de Dieu plus qu'il n'est donné par l'homme". Comme Thérèse, notre Eglise de jeunes aspire à parcourir "une course de géant" et à être, après trois générations d'athéisme, porteur d'une nouvelle espérance au milieu des bouleversements et des crises de notre société. Elle aspire, à la voix de la Mère de Dieu à Fatima, à être prometteur de cette conversion tant attendue de la Russie. Comment ne pas en reconnaître la signification à la lecture de l'Apocalypse que nous venons d'entendre ? Une Femme avec le soleil pour manteau et l'énorme dragon rouge-feu, demeurent les éléments qui ont été mis face à face durant le communisme : l'Eglise et les forces du mal.

Sainte Thérèse, tu as dit que tu irais visiter les missions et que tu aiderais les missionnaires dans la conquête des âmes. Dans quelques mois, nous allons t'accueillir pour que tu puisses parcourir les vastes horizons de notre Russie et du Kazakhstan. Donne-nous de nous y préparer et de demeurer dans le "coeur" de l'Eglise les disciples et les témoins ardents de la charité du Christ.

Cette fête, pourrait-on dire, conclut cette année du centenaire de la mort de sainte Thérèse marqué par tant d'événements, à commencer par sa proclamation comme Docteur de l'Eglise le 19 octobre dernier.

En cette fête de l'Assomption, rappelons les derniers mots de Thérèse (8 septembre 1897) écrits de sa main : "O Marie, si j'étais la Reine du Ciel et que vous soyez Thérèse, je voudrais être Thérèse afin que vous soyez la Reine du Ciel !!!"

Avec Thérèse, tournons-nous vers Marie, Reine du Ciel pour la prier et lui confier toute notre vie. Marie, protège-nous, protège la Russie.

SAINTE THERESE DE L'ENFANT-JESUS AU BRESIL

 

Diocèse de Oliveira - Etat de Minas Gerais 19 - 22 mai 1998

 

&laqno; Une pluie de roses ! » Il n'y a pas d'autre expression pour dire ce que fut le pèlerinage des Reliques de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face dans notre diocèse ! Cinq jours de bénédictions et de grâces... Jamais nous n'aurions pu imaginer ce que furent ces jours pour nous et pour toutes les communautés visitées. Ce que nous avons vécu, comme gardiens de cet inestimable Trésor, est inexprimable : moments de joie et d'action de grâce mélangés de prière et de confiance en la Providence de Dieu qui fait les Saints et veut réaliser, par l'intermédiaire de l'Esprit, son oeuvre de sanctification de tous les hommes.

La Châsse, qui ne contient que des os de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus - nous l'avons souligné dans tous les lieux où elle est allée - nous fait toucher du doigt combien la sainteté est proche de nous, à notre portée. Thérèse a voulu, par toute sa vie, nous faire voir qu'il "ne faut pas être des saints à moitié". Ce précieux Trésor témoigne de la gloire que Dieu choisit pour ses élus, il est la mémoire précieuse de la réponse personnelle de Thérèse au Bon Dieu et de Son appel à nous tous pour que nous soyons saints "comme Il est saint".

Chaque paroisse a reçu Thérèse d'une façon spéciale. Carmo Da Mata avec ses pancartes de bienvenue, ses églises aux murs garnis de roses et remplies par la foule pour les messes. Itaguara et l'énorme foule qui, en pieuse procession de plus d'un kilomètre et demi jusqu'à l'église principale est allée la recevoir au Posto Alvorada où les deux Messes semblaient celles du Vendredi Saint. Carmopolis De Minas avec ses liturgies bien préparées, sa veillée solennelle et joyeuse qui faisait mentir le dicton : "Fête joyeuse il n'y a qu'au Japon". Santo Antonio Do Amparo dont les rues étaient un tapis de fleurs. Oliveira avec la réception si belle, la procession solennelle, les discours des Autorités, le Régiment des Dragons qui gardaient la Châsse, les 24 jeunes filles en tenues de carmélites - peut-être des vocations pour le futur carmel dont rêve le P. Donizete - les Messes dans la Cathédrale, la piété des arrondissements de Dom Bosco et Aparecida en procession vers l'Eglise-Mère pour la veillée solennelle et pieuse. São Francisco de Paula où la visite a été tellement bien préparée que personne n'a manqué ! Même ferveur, liesse, acclamations, prière, veillées et liturgies bien préparées et admirablement suivies à Campo Belo, Cana Verde, Perdões dernière étape avant le confier le Précieux Trésor au Diocèse de Campanha.

 

Notre évêque, Mgr Barroso a présidé toutes les Messes, sauf à Cana Verde et Itaguara et seul le Seigneur peut témoigner des grâces déposées dans les coeurs de tous ceux qui ont participé - certains étant venus par simple curiosité - et qui ont reçu la Foi par l'intermédiaire de sainte Thérèse, missionnaire à travers ses Reliques, de la prédilection du Seigneur pour les petits et les humbles.

Demandons à Dieu que tous restent fidèles aux promesses de leur baptême, racine et source de la sainteté et que sainte Thérèse, la pèlerine de l'Absolu, suscite de saintes et nombreuses vocations pour l'Eglise de Oliveira

P. Miguel Angelo Freitas Ribeiro

 

Diocèse de Rio de Janeiro

 

Nous publions ci-après un document émanant du Cardinal Eugenio de Araujo Sales, archevêque de Rio de Janeiro et concernant la pérégrination des Reliques de Thérèse dans ce vaste diocèse, texte diffusé en juillet 1998 dans les principaux journaux de cette ville.

 

Le Brésil voue une grande dévotion à sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face. A l'occasion de la venue de ses Reliques à Salvador de Bahia, à la demande du Cardinal Moreira Neves, 88 évêques brésiliens ont manifesté le désir que leurs circonscriptions ecclésiastiques bénéficient également de cette visite.

Après les célébrations du récent centenaire de la mort de Thérèse, nouveau Docteur de l'Eglise, ses Reliques ont déjà visité plusieurs pays et, au Brésil, elles ont déjà parcouru près de 14 000 kilomètres et touché 50 diocèses depuis leur arrivée. Partout, le résultat est toujours un évident renouveau de ferveur de la vie religieuse. Les Reliques viennent maintenant à Rio de Janeiro où elles resteront du 11 au 18 juillet. L'important programme prévu et déjà diffusé inclura les 6 Vicariats épiscopaux de la ville pour faciliter au maximum la vénération des fidèles.

Arrivées au Brésil le 13 décembre 1997 pour une année, les Reliques de Thérèse ont commencé leur périple à Salvador et la pérégrination se terminera le 17 décembre 1998 à Rio d'où elles repartiront en France et seront reconduites à Lisieux. Malheureusement, les diocèses qui ont fait leur demande de visite trop tardivement n'ont pu être inclus dans le programme déjà établi.

Des compte-rendus, rédigés par les différents diocèses visités et envoyés à la Secrétairerie de la Commission Nationale dont le responsable est l'archevêque de Niteroi, Mgr Carlos Alberto Navarro, relatent en tous lieux l'importante et fervente mobilisation populaire. A Belém do Para, l'incalculable foule pourrait être comparée à celle qui participe chaque année à la fête du "Cirio de Nazaré". A Paracatu, Minas Gerais, pour aller de l'aéroport à la ville, le défilé des voitures et autobus qui accompagnaient les Reliques s'étendait sur 10 km ! Partout, le peuple catholique a manifesté son extraordinaire amour de la Sainte et le passage de ses Reliques a été l'occasion d'un fécond travail d'évangélisation.

La spiritualité de sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, fondée sur l'Amour du Christ, un amour confiant semblable à celui de l'enfant qui se jette dans les bras du Père, revêt une importance particulière dans un monde riche en sciences et techniques sophistiquées mais extrêmement pauvre

spirituellement. La Petite Thérèse conservait toujours sa tranquillité devant la complexité et l'importance des problèmes qu'elle a dû affronter pendant sa courte existence. Tous ceux qui sont confrontés à l'angoisse trouvent en elle sûreté et réconfort. Les catholiques égarés par tant de théories et chemins parallèles et faux apprennent près d'elle la fidélité au Magistère et spécialement au successeur de Pierre. Les jeunes qui parcourent les chemins de la drogue, de la violence, de la pornographie ont devant eux l'exemple d'une personne de leur âge qui indique la route de la réalisation de leur bonheur personnel par des voies totalement différentes mais possibles. Ainsi nous nous préparons à entrer dans le troisième millénaire et des conversions, des retours à la pratique religieuse, des réconciliations dans les familles et entre ennemis politiques se réalisent devant les Reliques... faits que relatent les compte-rendus de la pérégrination et qui démontrent l'efficacité de la grâce divine.

Ce qui se passe actuellement chez nous s'enracine dans les débuts de l'Eglise et s'est épanoui au cours des siècles : la sainteté, caractéristique de Jésus-Christ, est aussi un don qu'Il concède à son peuple. Dès la moitié du IIe siècle en Orient et tout de suite après en Occident, les communautés chrétiennes avaient pris l'habitude de se souvenir des fidèles le jour de leur naissance au ciel - le martyre - et de se confier à leur intercession auprès de Dieu. Cette dévotion, aucune personne instruite de la foi ne la confond avec l'adoration due à Dieu seul. Cette dévotion vouée à ceux qui ont versé leur sang pour le témoignage de leur foi s'est étendue peu à peu aux justes qui ont vécu de façon héroïque l'enseignement du Seigneur. Avant le christianisme, dans la plus lointaine antiquité et même dans la préhistoire, les défunts étaient objet de culte. Les chrétiens, en refusant toute idée de réincarnation, vénéraient leurs morts en proclamant leur foi dans la résurrection finale et aux banquets funéraires s'est substituée l'Eucharistie.

L'envoi de reliques dans d'autres Nations est une pratique déjà connue à la fin du IVe siècle, tant en Orient qu'en Occident ; on multipliait ainsi les lieux de culte des saints en les liant à un vestige de leur existence.

Ces manifestations religieuses reçoivent une orientation précise dans

l'usage liturgique et la dévotion populaire doit être bien guidée pour éviter les déviances et abus qui ne peuvent mériter approbation. Le Concile Vatican II a continué à donner des orientations et directives bien précises pour le culte et la vénération des Reliques, déjà réglementés par saint Pie X.

La Constitution "Sacrosanctum Concilium" synthétise la position de l'Eglise Catholique sur le sujet dans la déclaration suivante : "Selon la Tradition, les saints sont l'objet d'un culte dans l'Eglise, et l'on y vénère leurs reliques authentiques et leurs images. Les fêtes des saints proclament les merveilles du Christ chez ses serviteurs et offrent aux fidèles des exemples opportuns à imiter" (n° 111).

La visite des Reliques de la petite Thérèse à Rio de Janeiro est une excellente opportunité pour une révision de notre dévotion aux saints et pour corriger d'éventuelles erreurs. Elle doit renforcer l'authentique dévotion qui nous amène à découvrir dans les exemples de ces serviteurs de Dieu la façon d'incorporer ses enseignements à notre vie pratique.

La petite Thérèse nous invite à demander au Christ son intercession : "Je passerai mon Ciel à faire du bien sur la terre". Cette intercession, selon le Concile Vatican II, doit être entendue "de telle sorte que nulle dérogation, nulle addition n'en résulte quant à la dignité et à l'efficacité de l'unique Médiateur, le Christ" (Lumen gentium, n° 62).

La présence des Reliques de la petite Thérèse à Rio de Janeiro est une grâce de Dieu. A nous de savoir l'accueillir pour le bien de notre ville.

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